Nous examinerons dans cette section de quelle façon le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme affectent la macro-économie, la primauté du droit, les systèmes financiers, la libération de l’économie et la bonne gouvernance.

Voici comment le directeur du FMI décrit les répercussions macro-économiques du blanchiment de capitaux dans un de ses discours :

« Si nous ne pouvons garantir l’exactitude de nos chiffres – et votre évaluation est certainement plus précise que la nôtre -, les estimations actuelles est de l’ampleur du blanchiment de capitaux dépassent presque l’imagination – 2 à 5 pour cent du PIB mondial serait une fourchette largement acceptée. Cette ampleur comporte deux risques : l’un qui relève de la prudence, l’autre de nature macro-économique. Les marchés et les petites économies peuvent être corrompus et déstabilisés. Cela s’est produit dans des pays et des régions qui ont hébergé des organisations criminelles d’envergure. Au tout début, le bon et le mauvais argent cohabitent, le pays ou la région semble prospérer, mais il y a fort à parier qu’en bout de ligne, seuls les financiers corrompus seront encore actifs, comme le veut la loi de Gresham. Les dommages à long termes sont quasi inévitables lorsque les infrastructures conçues pour assurer l’intégrité du marché s’effondrent. Même dans les pays qui n’en sont pas encore rendus là, les faits démontrent que le blanchiment de capitaux a des répercussions assez sérieuses pour que les décideurs des orientations macro-économiques en tiennent compte. L’argent qui fait l’objet de blanchiment est assujetti à certain principes de gestion de base. Les faits démontrent qu’il est moins productif et que, par conséquent, il ne contribue guère à optimiser la croissance économique. Les répercussions potentielles du blanchiment de capitaux incluent mais sans s’y limiter des changements inexplicables au niveau de la demande monétaire, des risques prudentiels accrus au niveau de la stabilité des banques, la contamination des transactions financières légales et volatilité accrue des mouvements internationaux des capitaux et des taux de changes en raison de transferts transnationaux de fonds non prévus.
D’autre part, il me faut ajouter que si, dans l’optique du Fonds monétaire international, je mets l’accent sur les coûts économiques, il nous faut aussi tenir compte des dimensions sociales et politiques de la criminalité et du blanchiment de capitaux qui est lié – les souffrances des victimes et l’affaiblissement du tissu social et des normes éthiques collectives. La situation appelle l’adoption immédiate de mesures de lutte contre le blanchiment de capitaux qui s’en prennent à l’aspect le plus vulnérable de la criminalité, c’est-à-dire là où ses produits sont introduits dans le système financier.
Cela signifie-t-il pour autant qu’il nous faille délaisser la libéralisation des marchés financiers ? C’est le noble argument que prônent certains critiques qui sont convaincus que le FMI ne devrait plus inciter ses membres à délaisser les systèmes financiers contrôlés au profit de systèmes financiers axés sur les conditions du marché car ces derniers offrent de nouvelles possibilités aux blanchisseurs de capitaux. Certains affirment qu’il faut maintenir de systèmes centralisés d’affectation des crédits et de contrôle des opérations de change même si l’on sait que ces systèmes freinent la croissance économique. A cet égard, je trouve réconfortant la clarté de la Recommandation 19 du GAFI selon laquelle : « Les pays devraient… surveiller les transports physiques transfrontaliers d’espèces et instruments au porteur, à condition que… » L’approche de « connaissance de la clientèle » adoptée par le GAFI repose sur les renseignements afférents aux générale, les évènements survenus pertinemment pour la supervision des marchés financiers moderne qui reposent en grande partie sur la transparence et une réglementation prudentielle afin de garantir l’équité, la solidité et la légalité des systèmes.


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